Si le succès de "Zimmer 483" était à prévoir, il était néanmoins difficile d'imaginer que le deuxième album de Tokio Hotel se vendrait à plus 100 000 exemplaires en moins de deux semaines. Un véritable carton qui confirme, à ceux qui en doutaient encore, que le groupe est désormais incontournable sur la scène rock internationale. Nous avons rencontré Tom, Bill, Gustav et Georg lors de leur dernière venue à Paris. Attention interview exclusive...
Lors de votre dernière venue en France, on vous a remis un disque d'or pour le succès de "Zimmer 483". Honnêtement, vous vous y attendiez?
Georg: Pas du tout! Je peux vous dire que la maison de disques avait bien gardé le secret et, quand on nous a remis ce disque d'or sur le plateau ,d'une émission de télévision [Le Grand Journal de Canal +, Ndlt], on a tous halluciné. Il y a encore six mois, nous étions inconnu en France et, la première fois que nous somme venus à Paris, on ne s'attendait vraiment pas à avoir un jour autant de fans. Du coup, pour nous, ce disque d'or représente vraiment une belle récompense. Réussir à l'étranger est vraiment quelque chose d'important pour nous. Et peut-être encore plus que les autres pays.
Que va devenir ce disque?
Tom: Je pense qu'il va finir dans l'appartement que nous partageons ensemble à Hambourg. En faite, nous ne savons pas encore exactement si nous l'accrocherons dans le salon ou dans les toilettes, mais, ce qui est sûr, c'est qu'il ne finira pas à la cave... [rires]
Comment se passe votre cohabitation? Êtes-vous plutôt du genre à vous faire des bons petits plats et à vous occuper du ménage, ou est-ce que vous mangez tous les jours au restaurant et une femme de ménage s'occupe du reste?
Gustav: Pour être honnête, c'est un peu un mélange de tout ça... Pour ce qui est de laver nos fringues et de faire le ménage, nous avons opté à l'unanimité pour prendre une femme de ménage. Sans elle, je crois que notre appartement se transformerait vite en décharge publique!... [rires]
Pour ce qui est de la nourriture, ça dépend des jours. Souvent on se commande des pizzas ou on prend des sandwichs dans les petits restaurants en bas de chez nous. De temps en temps, Georg enfile son tablier et nous fait sa spécialité, à savoir des lasagnes. Et frachement, je ne sait pas où il a appris à cuisiner, mais elles sont tout simplement délicieuses...
Bill: Le problème, c'est qu'on ne mange presque jamais de légumes! Parfois j'aimerais bien, mais, à chaque fois que je lance l'idée, je me fais immédiatement jeter... Je crois que c'est beaucoup trop sain pour Tom, Gustav et Georg...
La cohabitation, ca n'est pas forcément évident tous les jours. Vous ne vous prenez jamias la tête pour des bêtises?
Tom: Si, tout le temps! [rires] Notre sujet de dispute principal, c'est la salle de bain. Il n'y en a qu'une seule dans l'appartement et c'est constamment la guerre pour savoir lequel d'entre-nous ira se laver en premier. Généralement, nous voulons tous être les derniers, car cela signifie qu'on peut dormir plus longtemps le matin et qu'on peut rester autant de temps qu'on veut dans la salle de bain sans entendre taper à la porte... Personnelement j'adore prendre des bains et y rester longtemps. Quand je suis le dernier à me laver, pas de problème. Mais si jamais je suis le premier, mon bain est encore en train de couler que j'entends déjà Bill, Georg ou Gustav que me demandent quand je sors. C'est insupportable! Du coup, tous les jours, nous procédons à une sorte de petit concours pour déterminer lequel d'entre-nous aura le droit de se laver en dernier. Je précise que Gustav ne participe jamais à, ce concours, car c'est toujours lui qui se lève en premier. Je ne sais pas comment il fait, mais il se lève tous les jours vers sept heures du matin. Ce type est fou!
Bill: Il est peut-être fou, mais, s'il n'était pas là, il y a un paquet de rendez-vous que nous aurions loupés! [rires] Gustav est un peu le réveil matin du groupe. Quand il voit qu'on n'arrive pas à se lever et qu'on traîne dans nos lits alors qu'il y a des choses à faire, il vient nous secouer doucement pour qu'on s'active. En règle général, quand on se lève, Gustav est déjà debout depuis longtemps et il arrive même qu'il ait préparé le petit-déjeuner pour tout le monde!
Le soir, que faites-vous avant de vous endormir? Vous êtes plutôt du genre à regarder la télévision jusque tard dans la nuit ou vous aimez vois coucher tôt?
Bill: Il m'arrive souvent de regarder la télévision le soir, mais pas jusqu'au bout de la nuit. J'éteins toujours avant de m'endormir, car je sais que quand je m'endors avec le télévision allumée, le lendemain, je suis complètement déchiré. On m'a expliqué un jours que, quand on dort avec la télévision allumée, notre inconscient travaille beaucoup plus te, du coup, on dort moin bien. En tout cas, c'est le cas pour moi.
Gustav: Moi non plus je ne dors jamais avec la télé allumée. Quand je me couche, j'éteins. De même que je n'écoute jamais de musique pour m'endormir. Pour trouver le sommeil, j'ai besoin d'être au calme et de faire le videdans ma tête. Tout le contraire de Georg, qui laisse généralement la télé allumée toute la nuit.
Georg: c'est vrai... J'ai pour habitude de regarder les infos de la nuit et, je ne sais pas pourquoi, mais à chaque fois je m'endors devant. Ensuite, la télé reste allumée toute la nuit et je l'éteins le matin. On me dit souvent que ça n'est pas bien, mais c'est comme ça que je fonctionne.
Tom: Moi, télé ou pas, quoi que je fasse, quand je m'allonge, cinq secondes plus tard, je dors comme un bébé!
Comment prenez-vous les décisions qui concernent votre cohabitation, mais aussi votre carrière? Est-ce que vous fonctionnez par vote?
Tom: La plupart du temps, nous prenons les décisions ensemble. Nous avons tous notre mot à dire et, si l'un d'entre nous n'est pas d'accord avec le reste du groupe, nous pouvons parfois parler pendant des heures pour trouver un terrain d'entente. Jusqu'à présent, nous avons toujours fini par tomber d'accord, même si ça n'est jamais facile avec Bill...
Bill: C'est vrai que je suis très têtu. Il faut que je me mêle de tout et je déteste qu'on m'inpose des choses. Depuis que je suis tout petit, je ne supporte pas qu'on me dise ce que j'ai à faire. C'est notamment pour cette raison que j'ai eu tant de difficultés à m'intégrer au collège et au lycée. Le pire, c'est que c'est un peu pareil dans la musique. Il y a toujours des types pour te dire:"Je suis dans le business depuis 20 ans, donc, écoute mes conseils et fais ce que je te dis..." Dès qu'on a commencé à avoir du succès, j'ai fais comprendre aux personnes qui nous entourent que je n'aimait pas qu'on me dicte ma conduite. Je ne pourrais jamais chanter une chanson dont je ne suis pas fier, ou bien avoir un look qui ne me correspond pas. Je crois que nos producteurs et notre maison de disques ont bien compris cela et, du coup, tout va bien.
Mais tu écoutes quand même les remarques des autres membres du groupe?
Bill: Bien sûr! Eux, c'est différent. Déjà Tom est mon frère et je lui fais entièrement confiance. Il me connaît mieux que personne et je sais parfaitement qu'il ne cherchera jamais à m'imposer des choses qui ne sont pas bonnes pour moi ou pour le groupe. Du coup, quand nous avons des opinions différentes, j'essaie toujours de peser le pour et le contre et de défendre mes arguments de façon objective. Mais si le reste du groupe n'est pas d'accord avec moi, alors, je suis bien obligé de m'incliner. c'est la loi de la majorité!
Parlons un peu du clip de spring nicht [ne saute pas]. C'est incontestablement l'un de vos clips les plus émouvants. Comment s'est déroulé le tournage?
Bill: Déjà, le peux vous dire qu'il faisait très froid! Nous avons tourné ce clip pendant deux longues nuits et, à chaque prise de vue, j'était obligé de me mettre en T-shirt alors qu'il faisait moins cinq degrés dehors. J'était frigorifié! Heuresement, dès que la caméra s'arrêtait, j'enfilais un gros manteauet il u avait toujours des boissons chaudes sur le plateau.
Georg: Pour nous, c'était beaucoup plus simple, puisque notre rôle consistait simplement à jouer les accords de spring nicht en bas de l'immeuble. Pour ce clip, Bill a fait une grosse partie du boulot, et je dois dire qu'il a vraiment assuré. On était tous très fiers de lui.
Spring nicht est une chanson qui parle de suicide. Bill comment as-tu fait pour te glisser dans la peau d'un tel personnage? As-tu déjà pensé au suicide?
Bill: Non, et heuresement. Bien sûr, comme tout le monde, il m'arrive d'avoir des passages à vide, mais jamais au point d'avoir envie de mettre fin à mes jours. Mais cela ne m'empêche pas d'être très concerné par le problème du suicide, qui, à en croire certaine statistique touche de plus en plus de d'adolescents dans le monde; C'est vraiment un drame et ce genre de chose ne devrait pas arriver. Si nous avons fais cette chanson, c'est parce que nous savons que beaucoup de jeunes qui aiment notre musique n'ont pas la vie facile. Nous avions envie de leur redonner un peu d'espoir en leur disant qu'il y a toujours une meilleure solution que la mort. Depuis la sortie de l'album, nous avons croisé beaucoup de fans qui nous ont dit qui spring nicht leur avait redonné espoir. Pour nous, c'est une immense source de satisfaction.
Certaines scènes de ce clip sont assez impressionnantes, et en particulier celle où le personnage de Bill saute dans le vide. Comment as-tu fait?
Bill: C'est ce qu'on appelle la magie des effets spéciaux... En fait, j'était bel bien bien tout en haut de cet immeuble, mais j'étais évidemment maintenu par des câbles pour ne pas tomber. De plus, au moment où mon personnage tombe à la renverse, contrairement à ce qu'on voit dans le clip, je ne tombe pas dans le vide. Pour cette scène, les responsables des effets spéciaux avaient installé un grand panneau bleu sur le toit de l'immeuble pour incruster ensuite les lumières de la ville. Il m'ont demandé de tomber en arrière, mais du côté du toit. Il n'y avait donc aucun risque. Il leur a suffi d'installer un matelas bien épais pour me réceptionner et le tour était joué. Une fois le montage terminé, les images étaient saisissantes et je dois avouer que j'ai eu des frissons la première fois que j'ai regardé ce clip en entier. Il est vraiment poignant.
Certaines de vos fans n'ont pas hésité à faire des imitations de ce clip qu'elles ont ensuite mis sur internet. Qu'en pensez-vous?
Tom: Ce qui est important pour nous, c'est que ce clip soit bien interprété. Nous voulons que les fans comprennent qu'il s'agit d'un hymne à la vie et non le contraire. Personnellemnt j'aime beaucoup trop la vie pour penser à la mort et j'aimerais qu'il en soit ainsi pour tout le monde. Sur le principe, je trouverais ça génial que nos fans fassent des petites vidéos où elles nous montreraient leur enthousiasme et leur capacité à faire des choses positives, car c'est finalement le message que nous souhaitons faire véhiculer.
Revenons un peu sur certaines chansons de votre nouvel album. Dans stich ins glûck [piqure de bonheur], vous abordez pour la première fois le problème de la drogue. Est-ce réellement un problème auquel vous avez été confrontés?
Gustav: Que les choses soient claires, aucun d'entre nous n'a jamais touché à la drogue. Nous sommes tous les quatres fermement opposés à toute forme de substance illicite, mais, hélas, ces derniers temps, au cours de nos nombreux déplacements dans le monde, nous avons constaté que de plus en plus de jeunes se drogaient. A chaque fois que nous sommes allés en discothèque pour faire la fête, j'ai croisé des mecsou des nanas qui se drogaient. Et je ne vous parle pas du milieu de la musique... C'est pourquoi nous tenons absolument à ce que toutes les personnes qui nous entourent soient clean. Et cela va des techniciens qui bossent sur nos tournées aux personnes de notre management. Nous sommes vraiment très stricts sur cette question.
Parlez-nous un peu de who sind eure hände [où sont vos mains?]. Avez-vous écrit cette chanson en pensant à vos futurs concerts?
Bill: Il est clair que nous espérons que tous les fans présents à nos futurs concerts lèveront leur mains sur cette chanson. Pour nous, ce morceau est vraiment une façon de remercier directement celles et ceux qui nous soutiennent. Nous savons parfaitement que nous ne serions pas là sans les fans. Cette chanson leur est entièrement dédiée.
Les fans sont souvent très deçus de ne pas pouvoir vous approcher. Vous pensez que cette chanson les contentera?
Tom: Nous savons parfaitement qu'une chanson ne remplacera jamais une rencontre en tête-à-tête. Hélas, depuis quelque temps, il nous est devenu presque impossible d'aller directement à la rencontre de nos fans. que ce soit dans la rue ou ailleurs. L'autre jours, à Paris, il y avait tellement de monde devant notre hôtel qu'on pouvait à peine sortir. Nos gardes du corps ont été obligés de nous encadrer deux par deux pour éviter que la foule nous écrase. Georg et Gustav sont sortis en premier, puis je suis sorti avec Bill. C'était vraiment impressionnant. D'un côté, on trouve ça génial, mais de l'autre, il faut avouer que ça fait un peu peur. Nous craignons toujours qu'il y ait des accidents.
Commencez-vous à connaître un peu vos fans françaises? Avez-vousrepéré certains visages?
Bill: Généralement, quand nous venons faire de la promotion en France, il y a toujours quelques rencontres organisées pas les magazines ou les radios. Les fans viennent dans notre hôtel et nous bavardons quelques minutes avec eux. Jusqu'à présent, toutes ces rencontres ont été très sympas et elles nous ont permis de mettre quelques visages sur nos fans françaises... Cela dit, il ne faut oublier qu'il y a aussi les concerts. Je ne sais pas si les fans le savent, mais, quand nous sommes sur scène, nous avons une très bonne vue sur la fosse. Il nous est donc facile de repérer des visages, des messages ou des filles qui font des malaises. Les gens s'imaginent souvent que les artistes sont dans leur musique et qu'ils ne voient pas ce qui se passe dans la salle, mais c'est totalement faux.
Après les concerts, vous arrive-t-il de parler de certaines filles que vous avez aperçus dans la fosse?
Tom: Bien sûr! On va encore dire que je ne pense qu'à ça, mais, après chaque concert, je suis capable de dire s'il y avait des filles mignonnes dans la salle et où elles se trouvaient. Je suis un vrai radar ambulant! Cela dit, quand j'en parle avec les autres, je me rends compte que la plupart du temps, ils ont repéré exactement les mêmes filles que moi. Comme quoi je ne suis pas le seul obsédé du groupe!
Tom, on dirait que tu es le seul a vraiment aimer parler de tes rencontres avec les filles. C'est quelque chose qui ne te pose aucun problème?
Tom: Ca n'est pas que je sois le seul à aimer en parler, mais c'est surtout que je suis le seul à POUVOIR en parler [Tom insiste bien sur le mot pouvoir en regardant Georg, Gustav et Bill avec un sourire Malicieux.]. Ca n'est pas de ma faute si les autres n'ont pas de vie sexuelle! [rires]
Georg: Ou alors c'est peut-être simplement qu'on n'est pas aussi vantards que toi... [Bill et Gustav éclatent de rire ensemble et Tom avoue alors qu'il y est peut-être allé un peu fort...]
Qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter pour les mois à venir?
Bill: Que rien ne change et que le rêve continue.
Tom: Je dirais la même chose que Bill, mais j'ajouterais que ce serait bien de souhaiter à Georg, Gustav et Bill de rencontrer plus de filles! [Tom éclate une nouvelle fois de rire et reste fidèle à son personnage de blagueur... Durant toute cette interview, même si nous n'avons pas tout retranscrit, il n'a pas arrêté de balancer des vannes à ses trois acolytes qui, manifestement, le prennent très bien. Cela prouve au moins que le groupe se connaît depuis longtemps et que la complicité entre les garçons reste intacte.]